Nusayba bint Ka’b : femme engagée

Dans la riche histoire de l’Islam, de nombreuses personnalités ont marqué leur époque et laissé un héritage inestimable pour les générations suivantes. Parmi ces figures importantes, Nusayba Bint Ka’b, aussi connue sous le nom d’Ansariyya était un compagnon femme du prophète (sws).

Nous pouvons la définir par son soutien sans faille, son intelligence, sa bravoure et son courage qui lui valurent d’être l’une des compagnons femmes renommées parmi les illustres compagnons du Prophète Muhammad (sws). Cette place occupée nous rappelle avec force les liens de confiance, de bienveillance, de proximité qui régnaient alors entre les femmes et les hommes au sein de Médine au VIIème siècle mais également le respect mutuel qu’ils éprouvaient pour les autres. 

Nous allons tenter d’expliquer qui était cette femme et comment a-t-elle été active au sein de la communauté musulmane. 

 

D’où vient-elle ? 

Née à Médine, Nusayba Bint Ka’b était issue d’une famille noble appartenant à la tribu des Banu Najjar. Elle était mariée à Zaid Ibn Asim et avait deux fils, Abdullah et Habib. La famille de Nusayba faisait partie des premiers convertis à l’Islam et étaient parmi les « Ansar». 

Elle se convertit quand Musab ibn Umayr (ra) (un compagnon du Prophète mort durant la bataille d’Uhud alors qu’il était le porteur d’étendard choisi par le Prophète sws) commença à appeler les gens à l’Islam. Cette famille apporta leur soutien au prophète Mohamed (sws) lors de son arrivée à Médine après l’Hégire. Nusayba Bint Ka’b sacrifia son temps et son énergie pour défendre l’Islam et à l’enseigner. Elle était très pieuse et dévouée à Allah (swt). 

 

Pourquoi dit-on que c’était une femme engagée ? 

 Lors du serment d’allégeance (al ‘Aqaba)

Douze Médinois sont allés rencontrer le Prophète (saws) à la Mecque lors du pèlerinage pour confirmer leur engagement à l’Islam.

« Ibn Ishaq dit : Lorsque Dieu — Très Haut — permit à l’Envoyé d’Allah de faire la guerre, et que des gens parmi les Ansars lui ont prêté serment d’embrasser l’islam, de le soutenir, lui (Mohamed) et ceux qui le suivent et ceux qui se réfugient chez eux de parmi les musulmans — alors l’Envoyé d’Allah ordonna à ses compagnons, aussi bien qui se sont émigrés que ceux qui sont restés avec lui à La Mecque, d’émigrer à Médine et de rejoindre leurs frères parmi les Ansars ; l’envoyé d’Allah leur dit : « Dieu vous a donné des frères et une demeure où vous serez en sûreté ». 

Mohammed ibn Ishaq a dit « deux femmes ont assisté au serment d’al Aqaba. L’une d’elles était Nusayba bint Ka’b ». 

Il faut également noter que parmi les musulmans présents lors du serment d’al Hudeybiya – Nusayba bint Ka’b (ra) était également présente.  

 

Lors de la bataille de Uhud :

Son rôle était de soigner les blessés et de donner à boire aux combattants. Mais quand il y a eu la panique au sein des musulmans mettant en péril la vie du Prophète (sws), elle s’engagea dans la bataille auprès des musulmans qui étaient affaiblis, l’épée à la main. Son fils AbdAllah rapporte “j’étais présent avec le Prophète (sws) lors de la bataille de Ouhoud. quand les gens se dispersèrent autour de lui, nous nous sommes rapproché ma mère et moi pour le défendre.” Ses blessures au niveau de l’épaule lui firent perdre connaissance. Mais quand elle reprit ses esprits ce qui l’importait avant toute chose c’est de savoir comment allait le Prophète (sws).  

A plus de 60 ans, elle fût toujours aussi engagée et participa au sein de l’armée de Khalid Ibn Al Walid à une bataille dans le but de contrer Musaylima qui se prétendait être prophète. Nusayba (ra) prit part également à la bataille d’al Yamama sous le califat d’Abou bakr (ra). Mais elle en ressortit avec un bras en moins. Puis elle retourna à Médine où les gens l’acclamaient. Mais ce qui comptait pour elle, c’était la satisfaction de Dieu. Elle ne cherchait aucunement la gloire. 

La révélation d’un verset coranique

Ses connaissances au-delà d’être militaires sont aussi religieuses et philosophiques. En effet, elle était aussi une femme de savoir, faisant partie de celles et ceux qui s’intéressaient de près aux révélations coraniques, étudiant, apprenant et se questionnant sur le sens des versets ainsi nouvellement révélés. De ce fait, Nusayba fut la première femme d’entre tous les croyants et croyantes à se questionner sur la notion d’inclusion dans les versets du Coran révélés jusqu’alors. Alors que les premiers versets ne faisaient référence qu’aux hommes, Nusayba se rendit un jour auprès du Prophète (sws) et lui demanda pourquoi le Coran ne faisait référence qu’aux hommes mettant ainsi tout un pan de la communauté musulmane de côté : les femmes. Quelque temps après, les futures révélations transmises au Prophète (sws) s’adressèrent tant aux hommes qu’aux femmes.

Ce verset en fait référence : « Les musulmans et les musulmanes, les croyants et les croyantes, les hommes pieux et les femmes pieuses, les hommes sincères et les femmes sincères, les hommes patients et les femmes patientes, ceux et celles qui craignent Dieu, ceux et celles qui pratiquent la charité, ceux et celles et observent le jeûne, ceux et celles qui sont chastes, ceux et celles qui invoquent souvent le Nom du Seigneur, à tous et à toutes, Dieu a réservé Son pardon et une magnifique récompense. » Coran sourate 33 (Les Coalisés) verset 35

 

Une femme savante :

Nusayba (ra) fait partie des compagnons savants. Elle a rapporté de nombreux hadiths qui se trouvent dans les six recueils. Elle en a rapporté au total quarante. Et un certain nombre de hadiths furent recensés par at-Tirmidhi, an-Nasa-y et Ibn Majah.  C’est elle qui a lavé la fille du Prophète (sws) Zeyneb (ra). Et elle a rapporté le hadith “on nous a interdit de suivre le cortège funèbre, mais pas de façon péremptoire.” (rapporté par al Boukhari et Mouslim). Ses hadiths sont des références dans de nombreux domaines : le lavage mortuaire, le lavage du récipient du Prophète (sws), l’interdiction de suivre les cortèges funéraires, etc. Elle a transmis son savoir aux femmes. 

 

Ses derniers jours :

 A la fin de sa vie, Nusayba (ra) demeura à Bassora où les gens ont pu profiter de sa science. Elle termina ses jours paisiblement dans la dévotion et dans l’espoir de rejoindre le Prophète (sws) au Paradis. Oum Oumara  (ra) avait dit au Prophète (saws) « O Messager de Dieu ! Invoque Dieu pour que nous soyons avec toi au Paradis. » Et le Prophète (sws) fit l’invocation « Ô Mon Dieu, fais qu’ils soient mes compagnons au Paradis. » 

 Un saint rappelait souvent cette parole de notre Prophète (sws) : «Il y a des gens qui sont tels des clés pour le rappel d’Allah, leur vision rappelle Allah. (swt) ». L’histoire de Nusayba (ra) ne peut que nous inspirer en terme de comportement et de dévotion pour obtenir l’agrément d’Allah (swt) de par son rang de compagnon auprès de notre Prophète (sws).

Nusayba (ra) est un compagnon femme qui a tout sacrifié pour Allah (swt). Elle a été utile à sa communauté en aidant dans la défense de l’Islam sur le terrain. Mais également par la transmission de son savoir.