Assia Bint Muzahim : Un modèle éternel de Foi indestructible

Dans le Coran, Dieu Le très haut dit :
« Allah a cité en exemple pour ceux qui croient, la femme de Pharaon, quand elle a dit : « Seigneur, bâtis-moi auprès de Toi une demeure au Paradis, et sauve-moi de Pharaon et de ses œuvres. Sauve-moi d’un peuple d’iniquité. » Sourate 66, verset 11

1) Sa trouvaille

L’histoire d’Assia, que Dieu l’agrée débute le jour où, en compagnie de son mari, Pharaon, elle trouva un bébé qui ne serait autre que l’envoyé de Dieu, Sayyiduna Moussa, ‘alayhi salat wa salam. Ce bébé, trouvé dans le fleuve du Nil toucha énormément Lala Assia, radialahu ‘anha, qui convaincu Pharaon de le garder auprès d’eux.

A ce sujet un verset du Coran relate : La femme de Pharaon dit : « Cet enfant réjouira mon œil et le tien ! Ne le tuez pas, peut-être nous rendra-t-il service, ou l’adopterons-nous pour enfant. » (Sourate 28, verset 9)

Ils ne se doutaient alors de rien ! .

L’épouse de Pharaon, qu’Allah l’agrée, s’attacha énormément à lui, le considérant comme son propre fils. C’est ainsi que l’envoyé de Dieu grandit dans le palais de celui qui allait devenir son plus grand ennemi.

 

2) Sa détresse

Au fur et à mesure que les années passaient, Assia (ra), voyait l’enfant s’épanouir et devenir un jeune homme vertueux et fort. Elle craignait souvent pour lui l’injustice de son mari, et cette inquiétude devint constante lorsqu’elle fut informée des Révélations faites à Sayyiduna Moussa, que la paix et le salut soient sur lui. Mais en même temps, elle en ressentit un grand soulagement. Jamais en effet elle n’avait été dupe des pouvoirs surhumains que son mari prétendait avoir. Jamais non plus elle n’avait été intimidée par ses vociférations. Cela lui faisait beaucoup de peine de voir les sujets se prosterner devant Pharaon et l’adorer comme il l’exigeait, c’est-à- dire comme ce dieu qu’il voulait être.

Ne répétait-il pas souvent, comme pour s’en convaincre lui-même, qu’il était devenu leur dieu suprême ?
Pour sa part, elle avait la conviction qu’il n’était qu’un mortel, et par conséquent attendait avec impatience l’Envoyé de Dieu ‘alayhi salam qui la délivrerait de cette situation intenable. Le jour vint où son fils adoptif fut forcé de quitter le palais afin d’éviter la colère de Pharaon. La souffrance d’Assia, que Dieu l’agrée, fut énorme d’autant plus qu’elle ne pouvait en parler à personne.

 

3) Une confidente

C’est à ce moment, qu’elle apprit alors comment le mari de sa coiffeuse avait sauvé la vie de Sayyiduna Moussa ‘alayhi salam, en l’informant de la mort certaine qui l’attendait s’il ne partait pas immédiatement. C’est ainsi qu’elle se découvrit une confidente fidèle (avec sa coiffeuse), puisqu’elles partageaient toutes les deux la même foi en Dieu et savaient Pharaon impuissant contre elles, tant qu’elles trouvaient refuge auprès de Dieu.
Beaucoup de temps passa avant qu’elle n’apprenne que Sayyiduna Moussa, que la paix et les bénédictions soient sur lui, était enfin de retour. Ce dernier, demanda à être reçu par Pharaon. Elle fut impatiente d’entendre ce que ce fils adoptif qu’elle chérissait tant, avait à dire. Par conséquent, elle se cacha derrière des tentures pour écouter le message dont il était porteur.
De la place de choix qu’elle s’était réservée, elle put entendre que Sayyiduna Moussa ‘alayhi salam, venait auprès de Pharaon avec une mission dont Dieu l’avait chargé : celle d’appeler à craindre Dieu et de croire en Lui. Par la même occasion, il demanda que les juifs, que Pharaon tenait en esclaves, soient libérés.

 

4) Le soulagement

Assia écouta ces paroles avec beaucoup de plaisir, et toute l’inquiétude dans laquelle elle avait vécu jusque-là disparut comme par enchantement. Elle venait en effet d’avoir la conviction que Sayyiduna Moussa, ‘alayhi salat wa sallam, était bel et bien un Envoyé de Dieu, et elle eut foi en lui spontanément, entrant ainsi dans la liste des premiers croyants.
Peu après, Pharaon mis à mort la coiffeuse de lala Assia en apprenant que celle-ci avait foi en Sayyiduna Moussa, ‘alayhi salat wa salam.
Mais dans sa cruauté, il fit d’abord convoquer tous ses enfants et lui demanda de renier sa foi en Allah Le très-haut. A chaque fois qu’elle refusait, il faisait jeter un enfant dans le feu qu’il avait préparé. La pauvre femme fut jetée aussi, après que tous ses enfants aient connu le même triste sort.

 

5) Sa fin en martyr

Assia qui était impuissante devant ce spectacle, ne put s’empêcher de maudire son mari. Pharaon l’entendit, et comprit que sa femme était fidèle au messager de Dieu, Sayyiduna Moussa, paix et salut sur lui.
Il la fit donc emprisonner, mais malgré toutes les intimidations et menaces, la foi qu’avait Assia en Allah Le très-haut, demeura inébranlable. C’est pourquoi Pharaon, condamna sa femme à être écartelé.
Pendant le supplice, la pieuse femme ne fit que maudire Pharaon et son peuple injuste qui continuait à adorer Pharaon, une créature de Dieu et refusait d’adorer leur Créateur.
Avant de mourir, elle se tourna vers Dieu pour adresser une dernière prière : Seigneur, construis-moi auprès de Toi une maison au Paradis. Sauve-moi de Pharaon et de ses agissements et sauve-moi des gens injustes. (Sourate 66, verset 11).

Dieu, connaissant la sincérité de sa foi, répondit favorablement à sa prière et elle mourut en martyr, devenant un exemple de foi et d’endurance.

Dieu, Exalté, dit d’elle en effet : Dieu fit un exemple pour ceux qui ont cru en la femme de Pharaon. (Sourate 66, verset 11)

Enfin, 2 ahadith qui en disent long sur son statut de privilégiée auprès de Dieu : D’après ibn ‘Abbas, que Dieu l’ait en Sa miséricorde, l’Envoyé de Dieu, sallallahu alayhi wa sallam, a dit : « Les maîtresses des femmes du Paradis sont Marie, fille de Joachim; puis Fatima, puis Khadija, puis Assia épouse du Pharaon. »
(Rapporté par ibn ‘Asâki)

Le Messager d’Allah (SAW) a dit aussi « Beaucoup d’hommes ont atteint la perfection, mais parmi les femmes seules Maryam bint Imran, ra, Assia, ra, la femme de Pharaon l’ont atteinte. Cependant le mérite de Aïcha, ra, par rapport aux autres femmes est comme celui du potage aux miettes de pain par rapport aux autres mets. »
Sahih Al-Boukhari, vol. 5. Livre 62.

 

L’histoire de cette pieuse femme honorée par Allah subhana wa ta’ala doit retenir toute notre attention.
Assia(ra), femme du Pharaon avait tout d’une reine : un trône, un palais, elle dormait dans des lits richement décorés, elle était entourée d’une foule de servants et de valets, tous à son service. Mais elle était croyante et a caché pendant longtemps à son mari sa foi en Allah.
Malgré l’orgueil, l’injustice, la cruauté de Pharaon, elle ne cessa de soutenir le Messager de Dieu, Sayyiduna Moussa ‘alayhi salam par tous les moyens.
Elle délaissa tout ce luxe en maudissant son mari pour rencontrer son Créateur. Elle préférait de loin subir le sort d’un martyr plutôt que la compagnie d’un époux mécréant.
Malgré tout le pouvoir et les richesses qui étaient à sa disposition Assia (ra), choisit la Voie de Dieu.